Comment reconnaitre les vraies contractions des fausses ?

Qui n’a pas eu de contractions pendant la grossesse ? Qui ne s’est pas inquiété d’un début de travail au 6ème mois voire avant avec l’arrivée des premières contractions ? Qui ne s’est jamais demandé comment reconnaitre les contractions de travail des contractions utérines de grossesse ?

Voyons ensemble comment les différencier et savoir reconnaitre les fausses contractions dites de Braxton Hicks (c’est le nom du médecin qui les a décrites la première fois) des contractions de travail.

Les fausses contractions

Vous pourrez ressentir les premières dés le 4ème mois de grossesse. Elles ne sont pas douloureuses et vous sentirez votre utérus (et donc votre ventre) se durcir (une impression de pierre a la place du ventre, si vous essayez d’enfoncer vos doigts dans votre abdomen, cela sera impossible). Votre utérus est un muscle comme les autres, il peut donc se contracter comme le muscle de votre cuisse sous l’effet d’une stimulation (marche à pied, port de charge, position debout prolongée, les longs trajets en voiture ou en transport en commun voir une infection urinaire…). Ces contractions durent, en général, 1 à 2 minutes et peuvent survenir jusqu’à plusieurs fois par heure.

Elles n’ont aucun effet sur le col de l’utérus, c’est pour cela que l’on parle de “fausses contractions“. Au niveau du bas de l’utérus, à la jonction avec le col, il y a une portion nommée “segment inférieur” qui est formée de replis du muscle utérin. Ces replis permettent d’isoler le col du reste de l’utérus, c’est pour cela que les fausses contractions n’ont aucun effet sur la dilatation du col.

Certaines femmes vont contracter pendant toute la grossesse, en ayant toujours un col bien fermé, court et tonique en fin de grossesse. Par contre, d’autres n’auront pas une seule contraction de braxton hick mais leur col sera dilaté avant la fin de la grossesse.

Ces contractions n’augmentent pas en intensité, ne sont pas douloureuses et se calment naturellement mais si ce n’est pas le cas, elle devraient s’estomper avec un bain chaud, une position allongée de détente voire un comprimé de spasfon. Si malgré tout cela, elles ne s’estompent pas et deviennent régulières, il est essentiel de consulter votre médecin ou votre sage femme.

Si vous avez du mal à les supporter, n’hésitez pas à répéter cet exercice de respiration simple afin de détendre le ventre et vous soulager:

Inspirez calmement par le nez en gonflant le ventre puis en montant l’air dans les poumons et les clavicules, puis soufflez bouche ouverte sans pincer les lèvres. Répétez cette respiration plusieurs fois tranquillement en essayant d’aller un peu plus loin à chaque respiration. Vous pouvez, gentiment, associer une légère contraction du périnée puis du ventre comme pour rentrer dans un pantalon trop petit lors de l’expiration.

Les contractions de l’accouchement

Votre sage femme a probablement du vous le dire: “vous les reconnaitrez lorsque vous en aurez” ! Si c’est votre premier bébé vous avez du lui répondre la même chose que moi “euh comment les reconnaitre si on ne sait pas à quoi s’attendre” ?

Eh bien si, vous les reconnaitrez !! Elles sont très différentes de celles de grossesse: Elles montent sous forme de vagues avec une intensité et une fréquence qui augmente mais vous percevez un réel relâchement entre 2. Elles ne disparaissent pas au repos ou sous l’effet du chaud ou du Spasfon.

La douleur perçue ressemble à des crampes de règles, de coliques pouvant parfois irradier dans le dos ou dans la cuisse.

Ces contractions sont sous l’effet des hormones, elles vont entrainer la dilatation du col et l’engagement de la tête de bébé.

Au départ, les premières vraies contractions ne nécessiteront pas de pousser, elles permettront à votre bébé de s’engager et descendre dans le petit bassin et à votre col de se dilater. Dans ce cas là, la respiration vue pour les “fausses contractions” pourra être pratiquée pour soulager les douleurs.

Par la suite, lorsque vous ressentirez le besoin de pousser, il vous faudra changer de type de respiration:

Nous avons été habituées à respirer en bloquant la respiration en fin d’inspiration afin de faciliter la poussée (que cela soit pour la poussée d’accouchement ou la poussée défécatoire). Mais nous savons maintenant que le diaphragme abdominal et le diaphragme pelvien (celui constitué par les muscles du périnée), fonctionnent ensemble en parallèle.

Lors de la poussée, le but est de laisser le bébé sortir du bassin à travers le périnée. Celui ci doit donc être relâché au maximum. Si nous bloquons la respiration en inspiration, le périnée est bloqué donc le dernier obstacle que le bébé doit franchir est fermé. Le plancher périnéal est complexe : plus on pousse dessus, plus il va se contracter et se distendre ne facilitant pas le passage du bébé et créant des séquelles pour la suite. L’idéal serait donc de pousser en expiration freinée. Le principe est d’utiliser la force expulsive des abdominaux en la dirigeant correctement vers le bas, sur un Périnée relâché. Il est important d’avoir une respiration forcée, sinon la résultante des forces sera dirigée vers le haut et non vers le bas.

En pratique :

Afin de freiner la respiration, il y a plusieurs possibilités. Si vous avez eu la chance de pratiquer la méthode ABDO-MG pendant la grossesse, vous pourrez utiliser le sifflet avec sa résistance maximum. Dans le cas échéant, un ballon de baudruche fera aussi l’affaire (voir même le poing ferme). Pour augmenter cette pression bien dirigée, vous devrez souffler en contractant la gaine abdominale (le transverse) et en basculant le bassin vers l’arrière (en rétroversion), un peu comme pour rentrer le ventre lorsque l’on veut enfiler un pantalon un peu petit. Ainsi, il y a une pression importante sans contraction des diaphragmes (ni abdominale, ni périnéale donc plus d’obstacle au passage du bébé), et grâce a la contraction du transverse de l’abdomen la pression n’est plus dirigée vers l’avant mais vers le bas.

Quels sont les signes du début de travail ?

Les contractions régulières (toutes les 5 minutes) et intenses sont un des signes de début de travail mais ce n’est pas le seul. Certaines femmes vont perdre les eaux (la perte des eaux ne marque le début de travail que si elle s’accompagne de contractions), le bouchon muqueux (genre de glaire vaginale épaisse et colorée), d’autres ressentiront des douleurs abdominales ou dorsales importantes. La tête du bébé va également s’engager dans le petit bassin, libérant vos cotes et votre diaphragme (vous respirez plus librement) mais compressant votre vessie (vous allez faire pipi toutes les 5 minutes !).

Ces signes de travail peuvent apparaitre plusieurs jours avant le “vrai” début de travail. Attention cependant, si vous perdez les eaux, il est urgent de vous rendre à la maternité afin d’éviter une infection (la poche des eaux est une sorte de papier bulle protégeant votre bébé des agressions extérieures, si elle disparait votre bébé sera plus sensible).

Qu’est ce que le faux travail ?

Ce sont des contractions régulières, intenses et douloureuses qui ne dilatent pas le col et ne font pas descendre le bébé. On les soulagera de la même façon que les contractions de grossesse: chaleur, repos, exercice de respiration et “spasfon”.

La plupart du temps, après avoir vérifié que votre col ne se dilate pas, votre médecin vous renverra chez vous vous reposer afin que vous soyez prête pour le vrai travail !

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Elodie Poissenot

Masseuse kinésithérapeute, spécialiste dans la rééducation du périnée et la préparation à l'accouchement. Cookie addict :) Mon objectif : aider un maximum de femmes à passer une grossesse en pleine forme et à se remettre après la naissance.

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