A quoi s’attendre pour l’accouchement ?

Vaste question ! Mais je suis sûre que vous êtes nombreuses à vous poser la question et à vous inquiéter du déroulement des événements !

Quelle est la date prévue d’accouchement (DPA) ?

En France, on considère que l’on accouche à 41 semaines d’aménorrhée (39 semaines de grossesse).

Ce n’est pas la même chose partout ! En Angleterre, par exemple, c’est à 39 semaines d’aménorrhée.

Dans tous les cas, votre bébé sera considéré comme prématuré s’il arrive avant 37 semaines d’aménorrhée et comme grand prématurée avant 32 semaines d’aménorrhée.

Apres 41 SA, on parle de dépassement de terme. Il faut consulter immédiatement, cela peut être dangereux pour votre bébé et pour vous-même.

Quelles sont les différentes étapes de l’accouchement ?

  1. La phase de travail

Vous sentez les premières contractions régulières (En général toutes les heures au début) et votre col commence à se modifier, à se dilater.

Il peut parfois y avoir des contractions sans modifications du col, un genre de « faux travail », ce n’est pas grave mais pas encore le moment de vous rendre a l’hôpital (même si, soyons honnêtes, vous ne vous en rendrez compte que lorsque la sage femme vérifiera votre col et vous dira de rentrer chez vous car c’est trop tôt !).

Puis ces contractions vont augmenter en fréquence, intensité et durée.

La poche des eaux va, soit se rompre naturellement, soit l’obstétricien rompra les membranes.

Votre bébé peut être dans 3 positions différentes :

  • Céphalique : C’est la plus commune. Le bébé a la tête en bas, prêt a sortir ! Vous pouvez vous préparer pour un accouchement par voie basse (si il n’y a pas d’autres problèmes évidemment !)

  • En siège : Le bébé a les fesses en bas, assis sur votre périnée en quelques sorte. Dans cette position, l’obstétricien vous proposera soit un accouchement par voie basse, soit une césarienne.

  • Transverse : Votre bébé est allongé dans le ventre avec la tête à droite et les pieds à gauche ou inversement. C’est également une indication de césarienne.

  1. L’engagement

Grâce aux contractions utérines, votre bébé descend et va venir engager sa tête dans la partie haute du bassin. Vous commencez à sentir la pression de sa tête sur votre périnée et une sensation de poussée sur le rectum. Vous avez l’impression que c’est le moment de commencer à pousser, et vous avez raison !

Certaines positions peuvent aider votre bébé à descendre :

– position en suspension

bascule du basin sur le ballon

4 pattes avec ballon

– squat

N’hésitez pas non plus à marcher, puisque la gravite facilitera la descente du bébé.

  1. L’expulsion

Normalement cette phase dure une trentaine de minutes. Mais parfois elle peut durer beaucoup plus longtemps, c’est la raison pour laquelle bassin et périnée ne sont pas abimés de la même façon d’un accouchement à l’autre.

C’est juste avant cette phase que l’obstétricien peut choisir d’utiliser une sonde pour vider votre vessie si celle ci est pleine.

Pour résumer :

Votre bébé s’engage dans la partie haute du bassin puis tourne sa tête face au sacrum (l’os du bas du dos) afin de descendre dans la partie basse du bassin.

Le sommet de la tête du bébé vient toucher la partie inférieure de la symphyse pubienne (l’os situé entre les jambes) et peut venir descendre a travers le muscle postérieur du périnée.

Chaque contraction permettra au bébé de descendre de plus en plus.

  1. Le dégagement

La nuque du bébé prend appui sur la symphyse pubienne, la tête se défléchit pour sortir.

Lorsque celle-ci est sortie, la sage femme accompagne l’enfant pour dégager les épaules et sortir le reste du corps.

  1. La délivrance

Ça y est, votre bébé est en train de pousser ses premiers cris, la sage femme le tient dans ses bras. Vous pourriez croire que c’est fini, mais non pas encore !

30 minutes après l’expulsion du bébé, il faut maintenant expulser le placenta.

Si celui-ci ne sort pas naturellement, la sage femme devra effectuer une manœuvre pour le sortir en plaçant sa main dans l’utérus.

C’est assez douloureux mais essentiel pour éviter une infection voir une septicémie.

Au cours de l’accouchement, c’est normal de perdre 500 ml de sang. Si vous perdez plus de 500 ml, c’est l’hémorragie et il vous faudra alors une transfusion. C’est très commun mais cela (entre autres choses !) explique pourquoi vous vous sentez épuisée après l’accouchement.

Quelles sont les techniques complémentaires

Allez parlons un peu de choses qui fâchent !

  1. La péridurale

Technique très controversée ! En France, nous en sommes assez friands. Mais ce n’est pas le cas dans tous les pays (Angleterre et Etats- Unis par exemple ne la proposent que dans certains cas).

Je pense qu’il n’y a pas de bons ou mauvais accouchements entre ceux naturels et ceux avec péridurale. La seule chose importante est le dosage de votre péridurale: Un mauvais dosage vous empêchant de sentir le passage du bébé et donc de pousser correctement est une catastrophe pour vos organes et votre périnée.

Si le dosage est bon, vous devriez pouvoir marcher tout en ayant des douleurs tout à fait supportables.

Bouger est essentiel pour permettre au bébé de descendre et de s’engager correctement, donc n’hésitez pas à utiliser le ballon, les postures à 4 pattes ou de suspension que vous proposera la sage femme.

Sachez quand même que la péridurale ralentit le travail.

  1. L’épisiotomie

2eme source de conflit !

Débat actuel en France « grâce » à la ministre de la santé qui vient d’ordonner une enquête afin de connaitre le taux d’épisiotomies pratiquées en salle d’accouchement.

Voyons déjà en quoi cela consiste.

On a vu que la tête du bébé doit s’engager dans le bassin puis venir traverser le périnée profond. Eh bien parfois, afin de faciliter le passage, l’obstétricien ou la sage femme va venir couper les muscles du périnée.

Lorsque l’on fait une épisiotomie, on coupe les muscles en partant sur la droite ou sur la gauche de façon à éviter d’avoir une coupure allant du vagin à l’anus.

Si il n’y a pas d’épisiotomie, et que la tête du bébé ne passe pas, une déchirure peut alors se produire. Il peut s’agir d’une petite déchirure ou d’une grande qui descend jusqu’au sphincter anal. C’est de cette déchirure appelée « périnée compliqué » que nous avons peur.

Facile à comprendre, si le sphincter et tous les muscles entre le vagin et l’anus sont déchirés vous serez incapable de les contracter et vous risquez l’incontinence anale et urinaire.

Malheureusement, il arrive de temps en temps que l’épisiotomie soit pratiquée de façon automatique alors que le périnée n’aurait pas ou peu déchiré si l’épisiotomie n’avait pas été faite.

Elle ne doit donc pas être systématique mais seulement faites de façon à éviter de grosses déchirures.

N’hésitez pas à en parler avec votre SF ou gynéco !

  1. L’extraction instrumentale

Dit comme cela, cela semble très barbare !

Mais concrètement, cela inclus l’utilisation de ventouse ou de forceps (s’accompagnant toujours d’une épisiotomie afin de permettre leur insertion dans le vagin).

L’obstétricien pourra choisir de les utiliser :

  • Si la tête du bébé est déjà engagée depuis un long moment causant une détresse du fœtus (manque d’oxygène principalement), leur utilisation raccourcira le temps d’expulsion
  • Ou si votre bébé ne descend pas en se présentant dans une bonne position, ces instruments pourront permettre de le tourner.

Voilà, vous savez à peu près tout ce qui peut vous arriver au cours d l’accouchement.

Pensez à faire vos exercices du périnée (contraction et détente), de respiration et de bassin afin de faciliter votre accouchement et éviter les complications.

Et n’hésitez pas à laisser un commentaire si vous avez des questions !

 

Elodie Poissenot

Masseuse kinésithérapeute, spécialiste dans la rééducation du périnée et la préparation à l'accouchement. Cookie addict :) Mon objectif : aider un maximum de femmes à passer une grossesse en pleine forme et à se remettre après la naissance.

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Quelles conséquences de l’accouchement pour le corps ? | Ma Routine Kine - septembre 25, 2017 Reply

[…] pendant toute la grossesse par le poids du bébé, il est étiré au maximum au moment de l’expulsion puis du dégagement du bébé  Il arrive même régulièrement que la sage femme pratique une épisiotomie (on coupe les muscles […]

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